La logistique urbaine est sans doute le grand sujet en vogue de la saison 2009-2010. Il est au sommaire de la conférence logistique organisée dans le cadre du SIMI qui s’est ouvert hier. Il sera également au centre des préoccupations de la prochaine édition de la SITL (23-26 mars 2010).
La logistique urbaine est une préoccupation contemporaine pour au moins trois raisons essentielles. L’essor du commerce en ligne avec l’explosion des ventes en ligne (+ 25 % au 1er semestre 2009) est la plus évidente. L’inéluctable retour du consommateur-citoyen est la 2e raison. Enfin, et surtout, les enjeux environnementaux portés par les lois et futures lois Grenelle I et II imposent une nécessaire refonte de nos modes de consommation et de distribution.
Les distributeurs n’ont pas attendu pour se poser la question de la logistique urbaine. Le groupe Monoprix, via sa filiale Samada, aura été en la matière pionnier et novateur. Dès 2007, l’entreprise met en place un service d’acheminement propre de ses magasins en centre-ville. Autre distributeur, autre exemple : mi-2009, Sephora a imaginé, avec son transporteur Deret, un nouveau système d’approvisionnement de ses 200 magasins en centre-ville (sur un peu plus de 250 points de vente) grâce à des camions 100 % électriques, ni polluants, ni bruyants de la marque anglaise Modec.
Avec Deret Transporteur, il redessine le « business model » de sa logistique urbaine pour l’ensemble des magasins centre-ville en France. Les fréquences de livraison des magasins sont inchangées, mais les parcours sont totalement modifiés. Ainsi, les produits destinés à ces points de vente ne partent plus d’une plateforme unique (située à Orléans) mais de 22 plates-formes réparties dans les 21 villes les plus importantes (deux pour Paris). Pour optimiser la charge sur les longues distances, ces mêmes produits sont transportés en gros porteurs, du stockage central d’Orléans jusqu’aux 22 plates-formes installées en banlieue.
Le schéma est opérationnel en octobre. A la fin novembre 2009, 70 magasins de centre-ville étaient effectivement livrés par camions électriques. Ils devraient être 150 en janvier 2010. « Le premier bilan est déjà très positif. Moins dépendant du prix du gasoil, Sephora France maîtrise beaucoup mieux ses budgets en logistique urbaine. Elle a maintenant la capacité de répondre rapidement à tous les besoins exprimés par ses magasins. Enfin, ses relations avec les mairies se sont améliorées. Parce qu’elles voient d’un bon œil l’arrivée d’une solution de transport propre, les mairies devraient très prochainement ouvrir de nouveaux créneaux horaires de livraison des centre-ville », conclut Jean-Luc Charrin, directeur supply-chain de Sephora.
2 décembre 2009 | 8:54 CET
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