Réhabiliter un immeuble haussmannien devenu insalubre, qui plus est en logements exemplaires au regard du Grenelle de l’Environnement : c’est le double défi qu’a décidé de relever la Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp) au 3-5 rue Godefroy Cavaignac, à Paris (11e). En lieu et place de cet immeuble vétuste de 1 830 m2 Shon, le maître d’ouvrage va créer 20 logements sociaux mixtes et 3 locaux d’activités, dont la consommation d’énergie primaire devra être conforme au Plan Climat de la Ville de Paris, à savoir 80 kWh/m2/an. Pour rappel, avant le démarrage du chantier, l’immeuble affichait une consommation d’énergie primaire de… 234 kWh/m2/an. « Nous avons défini avec les différents acteurs – l’agence d’architectes H2O architectes, l’entreprise générale Fayolle - le profil environnemental du bâtiment, en phase avec le Plan Climat de la Ville, explique Patrick Taghetti, sous-directeur construction à la Siemp. Pour ce bâtiment en pierre de taille, nous avons travaillé sur deux principaux points : l’isolation et la ventilation. Pour la façade sur rue, l’isolation se fait par l’intérieur ; pour la façade sur cour, par l’extérieur. Nous avons également prévu plusieurs dispositifs : une ventilation double flux avec récupération d’énergie, le remplacement des menuiseries par des menuiseries en bois avec un double vitrage à lame d’argon, un chauffage gaz collectif et près de 40 m2 de panneaux solaires photovoltaïques. » Reste que, comme dans tout projet de réhabilitation durable, c’est au moment de l’exploitation du bâtiment que tout se joue. « Le locataire est l’élément déterminant pour atteindre les objectifs fixés. Nous les associons de plusieurs façons à la démarche : un guide des gestes écoresponsables va, dans un premier temps, leur être distribué. Ensuite, nous allons organiser une réunion d’information six mois après leur installation sur le thème des consommations d’énergie, pour qu’ils s’approprient aux mieux leurs logements. Enfin, nous allons mener une enquête auprès des locataires visant à analyser leurs comportements. » Des initiatives auxquelles se montrent sensibles les intéressés, mais qui ne leur parlent jamais autant que lorsqu’on touche à leur portefeuille. De tous les arguments, Patrick Taghetti le reconnaît, c’est l’élément financier qui atteint le mieux les consciences. « Nous mettons bien sûr en avant les économies réalisées au niveau des charges. Les locataires y sont très sensibles. » Et s’il est difficile de dire avec précision le montant des économies qui pourront être réalisées, Patrick Taghetti pense pouvoir l’estimer entre 1 € et 2 €/m2 sur ce type d’habitation. De quoi motiver les troupes. Lancé en avril 2010, le chantier devrait être livré au 1er trimestre 2012.
30 mai 2011 | 14:21 CET
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