L’année 2008 s’est achevée sur une note en demi-teinte pour l’immobilier de commerce. Le ralentissement de l’économie française a contraint les ménages à anticiper une dégradation de leur situation personnelle. Les enseignes ont malgré tout enregistré des performances « correctes, voire mieux qu’espérées », si l’on en croit Chris Igwé, directeur de CB Richard Ellis Retail. Chez Atisreal, Thierry Bonniol, directeur du département commerce, reste plus nuancé. Les chiffres d’affaires du commerce de détail ont baissé de manière significative dans les domaines de la restauration, de la culture, des loisirs et de l’alimentaire, tandis que ceux de l’habillement, de l’aménagement et de l’équipement du foyer sont restés stables.
Malgré tout, quelques grandes tendances se dessinent en ce début d’année. Ainsi, « la demande reste active dans le secteur de l’alimentaire avec un véritable engouement pour le bio et la restauration rapide dans les quartiers de bureaux qui ont le vent en poupe. L’ameublement et la décoration résistent, tandis que le textile est en perte de vitesse », observe Thierry Bonniol.
La stratégie d’implantation des enseignes a quelque peu évolué : elles cherchent à rationaliser leurs implantations et sont de plus en plus sélectives et choisissent les emplacements numéro un, quitte à réduire la surface. « Aujourd’hui encore, on observe une véritable surenchère sur les meilleurs sites », ajoute Thierry Bonniol. « Seuls les emplacements les plus performants seront retenus dans les stratégies. En conséquence, la structure des transactions va évoluer, on observera une augmentation des valeurs locatives sur les emplacements numéro un et les centres commerciaux les plus efficaces », renchérit Chris Igwé.
Depuis 2006, ces valeurs locatives sont restées relativement stables sur des emplacements 1bis tels que le boulevard Saint-Michel et la rue du faubourg Saint-Antoine, avec des loyers oscillant autour de 2 000 €/m² pondéré/an HT-HC. Les high streets parisiennes – rue Saint-Honoré et avenue Montaigne – ont, pour leur part, connu une croissance constante de leurs loyers qui ont dépassé les 6 000 €/m² pondéré/an HT-HC, selon les chiffres d’Atisreal. Soit 50 % de plus par rapport à 2006. Les enseignes internationales restent attirées par la France, et certaines telles que Lidl, plus agressives, pourraient profiter de 2009 pour accélérer leur développement sur le marché hexagonal, à des conditions financières plus intéressantes. Restera à voir si la consommation sera aussi au rendez-vous…
16 février 2009 | 9:41 CET
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